La 9e Semaine Française de Kinshasa : Le Numérique, Pilier de la Souveraineté et du Développement de la RDC
Kinshasa, RDC – La capitale congolaise a vibré au rythme de la 9e édition de la Semaine Française de Kinshasa (SFK), un événement économique majeur qui s’est déroulé du 22 au 24 avril 2026 au prestigieux Pullman Kinshasa Grand Hôtel. Organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC) en partenariat avec l’Ambassade de France en République Démocratique du Congo, cette édition, placée sous le thème évocateur « RDC – France : Perspectives partagées », a mis en lumière des enjeux cruciaux pour le développement du pays. Parmi les diverses thématiques abordées, allant de la logistique à l’environnement, en passant par les mines, le transport et les villes durables, le secteur du numérique a été particulièrement mis en avant, culminant lors d’un panel de haut niveau le vendredi 24 avril.
Les échanges et les débats qui ont jalonné cette Semaine Française ont clairement établi que le numérique ne se limite plus à un simple outil technologique. Il s’impose désormais comme une infrastructure stratégique fondamentale, comparable en importance à l’énergie ou aux transports, et joue un rôle déterminant dans l’économie, la gouvernance et la puissance des États. La République Démocratique du Congo, consciente de cet enjeu capital, a affirmé son ambition de faire du numérique un pilier central de son développement. Cette volonté se concrétise à travers des initiatives ambitieuses telles que « Digital Natif », qui vise à moderniser les infrastructures, à élargir l’accès aux services digitaux et à favoriser l’émergence d’un écosystème innovant et dynamique.
Dans cette quête de transformation digitale, la France s’est positionnée comme un partenaire privilégié, offrant son expertise reconnue en matière de régulation et de développement numérique. L’expérience des institutions françaises spécialisées constitue un appui précieux pour adapter des modèles efficaces et durables au contexte spécifique de la RDC.
Le vendredi 24 avril 2026, un panel intitulé « Comment construire un numérique utile, inclusif et créateur de valeur entre la RDC et la France ? », modéré par Albert Kabeya, a rassemblé des figures emblématiques du secteur pour explorer des pistes concrètes de collaboration et de développement.
Christian Katende, Président du Collège de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), a été une voix prépondérante lors de ce panel. Il a souligné avec force la nécessité impérieuse de renforcer les infrastructures critiques du pays, de soutenir activement l’entrepreneuriat numérique et de généraliser l’accès et les usages digitaux à l’ensemble des secteurs d’activité. Monsieur Katende a insisté sur le fait que la transformation numérique, tout en ouvrant la voie à de nouvelles opportunités de croissance et d’innovation, requiert une régulation adaptée et robuste pour garantir un développement équitable et sécurisé. Il a également insisté sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets sur le terrain, appuyés par des indicateurs de performance comme références de l’action publique, ainsi que sur l’impératif d’enregistrer des améliorations significatives de l’écosystème numérique à travers davantage d’actions, d’innovations et de résultats, en vue d’une offre de services numériques plus large, plus abordable et de meilleure qualité.
À ses côtés, Laure de la Raudière, Présidente de l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques, des Postes et de la distribution de la presse (ARCEP) de France, a apporté la perspective et l’expertise française en matière de régulation. Elle a mis en exergue l’importance d’un numérique soutenable, inclusif et respectueux de l’environnement, tout en insistant sur la nécessité de favoriser la connectivité des territoires pour réduire la fracture numérique. Son intervention a mis en lumière les bonnes pratiques et les cadres réglementaires qui peuvent inspirer la RDC dans l’élaboration de ses propres politiques. Une grande collaboration s’annonce entre l’ARPTC et l’ARCEP pour du partage d’expériences, de l’adaptation de politiques publiques et de la défense de causes communes.
Le gouvernement congolais était représenté par Tony Munongo, Conseiller de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka en charge des PTNTIC. Monsieur Munongo a articulé la vision et les politiques publiques du gouvernement visant à accélérer la digitalisation de l’administration et de l’économie congolaise. Il a mis en avant les efforts déployés pour créer un environnement propice à l’investissement et à l’innovation dans le secteur numérique, soulignant l’engagement ferme des autorités à faire de la RDC un acteur majeur de l’économie numérique en Afrique. « Le numérique dépasse désormais le simple cadre technique. Il s’affirme comme une infrastructure stratégique, au même titre que l’énergie ou les transports, influençant à la fois l’économie, la gouvernance et la puissance des États. »
La présence et la participation active du Conseiller de la Première Ministre ont clairement démontré l’importance stratégique que le gouvernement congolais accorde à la transition numérique. En marge de la Semaine Française, la Première Ministre a d’ailleurs reçu une délégation du Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), menée par Yves Jégo, pour discuter des opportunités d’investissement et de partenariat, en particulier dans les secteurs technologiques et infrastructurels.
La 9e Semaine Française de Kinshasa 2026 s’est distinguée par son approche pragmatique, résolument tournée vers la concrétisation de partenariats. En se focalisant sur les infrastructures, le financement et les contenus, l’événement a souligné l’urgence de traduire les ambitions en actions concrètes, génératrices d’un impact économique et social significatif pour la République Démocratique du Congo. Les discussions ont mis en évidence un chemin clair vers un avenir numérique prospère pour la RDC, bâti sur la collaboration franco-congolaise et une vision partagée du développement.