Kinshasa, carrefour du dialogue international sur les télécommunications francophones

Du 27 au 28 avril 2026, Kinshasa s’est imposée comme un centre névralgique du dialogue international en accueillant le 23ᵉ séminaire du FRATEL. Organisé par l’ARPTC et l’ARCEP (France), cet événement a réuni des acteurs majeurs du secteur autour d’un thème central structurant : le partage des infrastructures télécoms comme levier d’un développement équilibré de la connectivité, conciliant concurrence, innovation et qualité de service.

 

Dès la cérémonie d’ouverture, marquée par les interventions de Christian Katende Mukinayi, Président de l’autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), de Laure de La Raudière, Présidente l’Arcep France, Présidente 2026 de FRATEL par intérim, et de José Mpanda Kabangu, Ministre des Postes et des Télécommunications, les échanges ont posé les fondements de cette réflexion. Tous ont insisté sur la nécessité d’adapter les cadres réglementaires afin d’accompagner la transformation numérique, tout en garantissant un environnement propice à l’investissement dans les infrastructures stratégiques.

 

La première table ronde, consacrée aux impacts du partage d’infrastructures mobiles sur la concurrence, a directement illustré ce thème central. En réunissant des profils issus de la régulation et de l’industrie, notamment Patricia Amand, Membre du Conseil de régulation du régulateur ivoirien, l’ARTCI (Cote d’Ivoire), Ousmane Ndiaye, Chef du Département Infrastructures et Territorialité de l’autorité de régulation sénégalais ARTP ainsi que des responsables d’opérateurs et d’entreprises d’infrastructures, les échanges ont permis d’analyser les mécanismes de mutualisation sous un angle à la fois économique et concurrentiel. Si le partage apparaît comme un accélérateur de couverture et d’optimisation des coûts, il nécessite un encadrement rigoureux pour éviter toute distorsion du marché et préserver les incitations à investir.

 

La deuxième table ronde, dédiée au déploiement de la fibre optique, a prolongé cette réflexion en abordant la question du partage dans le contexte des réseaux fixes à très haut débit. Sous la coordination de Lydie Omanga Dihandju, Vice-présidente de l’autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), les interventions de Tata Dinyuy Bolivian, spécialiste en développement numérique de la Banque mondiale, Adja Aissatou Diop , Cheffe de produit du projet Djoliba – Orange Afrique et Moyen-Orient, de Younnèss Ahmad, Chef du service technique du régulateur marocain (ANRT) ou encore Gilbert Lumbu, Directeur commercial de Liquid Intelligent Technologies ont mis en évidence des modèles innovants fondés sur le co-investissement, l’accès ouvert et les partenariats public-privé. Cette séquence a démontré que le partage d’infrastructures constitue également un levier essentiel pour accélérer le déploiement de la fibre optique, à condition d’assurer un équilibre entre rentabilité des investissements et accès équitable au marché.

 

La troisième table ronde a élargi les débats en abordant la qualité d’exploitation des réseaux, dimension indissociable du thème principal. Sous la présidence de Jean-Célestin Endoke, Directeur des affaires juridiques et internationales de l’ARPCE (République du Congo), avec les contributions de Wilgon Berthold Tsibo, Directeur Afrique de Tactis et de Jean-Baptiste Millogo, Directeur en charge des techniques et du développement de l’Internet d’Internet Society (ISOC), les discussions ont porté sur les exigences techniques, les mécanismes de supervision et la transparence vis-à-vis des utilisateurs. L’intervention de Laure de La Raudière a apporté un éclairage comparatif sur les bonnes pratiques internationales, rappelant que le partage d’infrastructures ne peut produire ses effets que s’il s’accompagne d’une exigence élevée en matière de qualité de service.

 

À travers ces trois axes complémentaires, le séminaire a mis en évidence la cohérence du thème principal et sa déclinaison opérationnelle. La richesse des débats a reposé sur la qualité et la diversité des intervenants, réunissant régulateurs, experts techniques, institutions internationales et acteurs privés. Cette convergence d’expertises a permis d’apporter des réponses concrètes aux défis du secteur, en tenant compte des réalités africaines.

 

Au terme de ces travaux, une conviction se dégage clairement : le partage d’infrastructures, au cœur du thème du séminaire, constitue un levier stratégique incontournable pour accélérer la connectivité en Afrique, à condition d’être accompagné d’une régulation adaptée et d’une exigence constante en matière de qualité de service et de performance des réseaux. Kinshasa aura ainsi incarné, le temps de ces échanges, une plateforme de réflexion et d’impulsion pour l’avenir du numérique sur le continent

 

En accueillant ces assises, l’ARPTC s’affirme ainsi comme un acteur de référence, capable de fédérer les parties prenantes autour d’une vision commune : celle d’un développement des télécommunications fondé sur l’équilibre entre efficacité économique, concurrence loyale et inclusion numérique.

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